lundi 8 décembre 2014

Loin du quotidien

Cela fait maintenant plus de trois mois que nous sommes rentrés, mon mari, mon fils et moi, de notre voyage. Plus de temps est passé depuis que nous sommes rentrés que celui que nous avons passé là bas. 10 semaines. Nous avions passé 10 semaines loin de la France, de Toulouse, de nos familles, de nos amis, de notre quotidien.

Et c'était bien ça l'essentiel: plus de quotidien. Notre vie était rythmée bien sûr par les siestes de notre bébé, notre footing, les repas, les heures de connection avec la France pour mon mari, les courses dans notre magasin, les nuits. Mais plus de quotidien à se raconter le soir en rentrant. Plus d'anecdotes sans importance à se raconter puisque nous les vivions ensemble. Sans importance mais qui prennent de l'espace et du temps.

Sans ce quotidien nous avions tout notre temps pour réfléchir ensemble à ce qui était vraiment important pour nous, quelle vie nous voulions avoir, quels projets nous tenaient vraiment à coeur. Nous étions capables d'écarter ce qui était du fait de l'environnement social, de la "copie réciproque" que l'on fait avec les gens proches de nous. Par exemple 3 couples d'amis achètent une maison alors moi aussi je veux une maison.
Loin de cette "pollution" quotidienne, semaine après semaine, nous avions l'impression de mieux nous connaître chacun individuellement et l'un envers l'autre également.

En voyage, dans un environnement nouveau, avec des découvertes quotidiennes, entourés de personnes bienveillantes et sans jugement nous avons été capables d'aller plus loin dans la connaissance de soi et de l'autre dans le couple. Nous avons été plus libres. 

Je parle de bienveillance et de "sans jugement". On m'avait dit que partir avec un premier bébé de 3 mois serait très difficile, loin des grands-parents, des amis ou encore des medecins français. En fait je suis persuadée que cela a été beaucoup plus facile, nous avons appris à être parents, seuls, sans préjugés  ou conseils. On ne nous a jamais dit "il ne faut pas" "il faut" "moi je" "je te conseille""vous verrez". Et du coup, forts de notre seul jugement, tout nous a paru facile, nous n'étions que deux à avoir un avis et donc le point d'accord était plus facile à trouver.

Nous avons atteint après ces quelques semaines une sorte de sérénité.

Ces sensations, peu à peu, prises dans le quotidien, s'embourbent, s'oublient. Il tient à nous de maîtriser ce quotidien en gardant l'essentiel: la liberté et la sérénité. 
Bien sûr à aucun moment je n'ai pensé que cette vie "en voyage" n'aurait pas de fin, que je voulais rester en voyage (je sais que c'est impossible) ou encore m'installer à l'étranger (dans ce dernier cas le quotidien aussi existe et s'installe rapidement). Nous ne voulions pas non plus nous couper indéfiniment de nos familles et de nos amis qui sont des piliers essentiels dans notre vie. Se couper d'eux nous paraîtrait égoïste et ne nous rendrait pas non plus heureux. Partager, vivre ensemble est essentiel.

Mais l'apprentissage que nous avons fait nous ne voulons pas et nous ne devons pas l'oublier et pour cela les voyages sont la meilleure recette. D'autant plus l'échange de maison tel que nous l'avons vécu car il permet de vivre quelques semaines sans programme de visite, loin de son quotidien, avec l'envie de vivre doucement, pour prendre le temps de se recentrer vers son essentiel.

4 commentaires:

  1. J'ai entendu plusieurs fois Daniel Cohn Bendit expliquer, contre toutes les idées populistes, qu'il était nécessaire ou même indispensable que les ministres et les politiques prennent de longues vacances estivales.

    Dans son propos il a la même approche : s'extraire des routines et des schémas de pensée associés.

    http://www.cohn-bendit.eu/fr/ct/297

    DS

    RépondreSupprimer
  2. Toujours pas de démission en perspective alors?!!!....'

    RépondreSupprimer